Comment profiter du stress ?

Le stress a toujours été pointé du doigt comme un ennemi à notre paix et à notre santé et comme quelque chose que nous devions combattre. Et si l’on vous disait qu’il pouvait aussi avoir des vertus aux effets positifs ?

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Vous avez un examen à passer dans un jour et c’est la seule chose qui vous sépare de votre indépendance. Un nouveau chapitre de votre vie vous attend et cet examen est tout ce que vous avez à accomplir. Il s’agit d’une forte pression sur vos épaules et surement une cause de stress. Dans de telles situations, notre corps réagit en passant en «mode alerte», dans le but d’être préparé à atteindre sa meilleure performance. Nous n’avons pas besoin de tant de sommeil ou de nourriture dans cet état et nos capacités d’attention augmentent. Les effets du stress dans ce cas sont donc positifs car il pousse notre corps à réagir de telle façon qu’étudier et se concentrer deviennent soudainement plus facile et que notre mémoire s’améliore. Sans cela, nous ne pourrions pas atteindre un tel état d’attention. Pourquoi le stress a-t-il donc une si mauvaise image ? 

Utile d’un point de vue évolutionniste

D’un point de vue évolutionniste, notre vie a seulement été une réalité d’une milliseconde. Nos gènes contiennent donc encore des caractéristiques primordiales. Nos lointains ancêtres ont été capables d’économiser de l’énergie dans certaines situations et d’en avoir à disposition dans d’autres. D’après cette nécessité, deux systèmes se sont établis : le premier prévaut lorsque nous sommes dans une situation de détente, le deuxième s’impose lorsque nous sommes dans une situation de stress. D’une perspective évolutionniste, le stress représente un combat ou un envol, qui signifie que lorsque nous sommes stressés, notre corps doit puiser dans toutes ses réserves d’énergie, un état que nous appelons « le mode alerte ». Cet état intense accélère notre pouls et nous commençons à transpirer. Nos gènes préhistoriques pensent que notre corps a une action à accomplir et doit se réchauffer dans le but de le faire. Nos pupilles s’agrandissent afin d’améliorer notre champ de vision et de manquer aucun ennemi, notre afflux de sang augmente dans les parties de notre cerveau qui contrôlent notre attention. Nos mains commencent à transpirer (d’un point de vue ancestral cela permettait aux hommes de mieux pouvoir se saisir et tenir les pierres), on ne sent la douleur des blessures qu’au moment où le corps reprend son état normal.  

Positif à long terme, douloureux à court terme

Stress doesn't have to be badNous avons donc besoin du stress lorsque nous devons fuir un lion, ou dans un contexte plus moderne, lorsque nous devons nous préparer pour un examen qui pourrait changer notre vie. Mais quand le stress survient de manière chronique, les choses deviennent plus problématiques. Pourquoi cela ? Quand notre corps connaît une situation de stress, comme celle décrite ci-dessus, il libère des hormones comme le cortisol, la noradrénaline et l’adrénaline pour surpasser les inflammations du corps. Mais ces inflammations sont nécessaires, car elles combattent les blessures et les maladies. Plus encore, lorsque nous sommes stressés, nos vaisseaux sanguins se rétrécissent, ce qui peut être le risque de maladies cardiovasculaires. Ainsi, avez-vous déjà fait l’expérience d’une bonne nuit de sommeil alors que vous étiez en état d’alerte ? Ce n’est pas le meilleur moment. En plus de ça, le stress peut avoir des effets négatifs sur les os, car le corps se débarrasse de fortes doses de calcium. C’est aussi notre digestion qui souffre dans des situations où notre corps est en attaque ou défense et dans lesquelles nous avons d’autres choses à nous soucier.

Qu’est-ce que le stress ?

Comme vous pouvez le voir, le stress est la cause de bien des douleurs. Avant tout il conviendrait de savoir ce qu’est exactement le stress. N’est-ce pas qu’un phénomène subjectif, qui fait qu’une personne perd sa patience et en laisse une autre insouciante ? Voilà pourquoi de nombreux chercheurs font une distinction entre le stress positif (eustress) et le stress négatif (détresse). Alors que l’eustress nous motive et nous challenge de façon positive, la détresse est ressentie comme une pression qui engendre frustration et restreint notre pensée. Cet examen très important par exemple peut être vécu par certains comme un moyen de se dépasser eux même ou de plonger dans le doute et la peur de l’échec (détresse). En conclusion, le stress est ce qu’on perçoit de lui.

Comment faire du stress un allié

Many students suffer from fear of failureVoilà une approche nouvelle de voir le stress. Par exemple, ce n’est pas la charge de travail qui détermine de combien nous sommes stressés mais l’interprétation que nous en avons. Cela signifie qu’il ne tient qu’à nous de réagir à une certaine situation et inversement d’être affecté par une certaine situation. L’étudiant qui doit accomplir une grosse charge de travail pour son examen à venir peut décider de percevoir cette situation comme un challenge motivant ou comme une barrière difficile. Cependant, il n’est pas si facile de simplement se dire de ne pas s’inquiéter. Parfois nous éprouvons toujours les mauvais effets du stress, comme les mains moites, le pouls qui s’accélère, la bouche sèche etc…même si nous nous répétons que tout va bien. Si nous ne pouvons pas empêcher ces symptômes, tout ce que nous avons à faire est de ne pas les voir comme un obstacle à notre santé. Une fois de plus, c’est notre interprétation qui compte et nous pouvons interpréter ces symptômes comme positives. Le pouvoir de notre interprétation a été démontré par une étude menée à l’université du Wisconsin et dans laquelle le chercheur Abiola Keller et son équipe ont examiné les effets que le stress a eu sur sa durée de vie [1]. Les découvertes ont montré que les personnes qui souffraient de stress chroniques avaient une expérience de vie réduite.  

Une vie meilleure malgré le stress


Use stress positively Suite à ces découvertes, les chercheurs ont aussi analysé le stress comme pouvant influencer la durée de notre espérance de vie. Les résultats ont montré que les personnes qui éprouvaient le stress comme un mécanisme physique utile pour améliorer leurs performances avaient en moyenne une durée de vie plus longue. Une autre étude menée à l’Université d’Harvard a fait l’expérience suivante [2] : les participants étaient divisés en deux groupes. On disait au premier groupe avant une situation stressante qu’il devait voir les réactions de leur corps au stress comme un moyen d’améliorer leur performance et donc un effet positif. L’autre groupe ne recevait aucune instruction. On examinait ensuite comment les deux groupes réagissaient face au stress : selon les résultats, les participants du premier groupe ont ressenti moins de peur, moins de stress et plus de confiance en général. De plus, alors que normalement, le stress conduit à un rétrécissement des vaisseaux sanguins et à une rapidité des battements cardiaques. Ce rétrécissement peut augmenter le risque de crise cardiaque. Or, l’étude a montré que les vaisseaux sanguins des premiers participants n’étaient pas devenus plus étroits. Ainsi, notre attitude face au stress n’influence pas seulement notre interprétation personnelle mais aussi notre réaction physique.  

Conclusion

Le stress est la façon qu’a notre corps de réagir aux situations de challenges auxquelles nous devons faire face dans la vie. Il est donc un atout de valeur importante. Et comme nous avons vu, il peut être positif (eustress) et négatif (détresse) et avoir des effets sur notre physique et notre santé. C’est à nous de décider combien le stress nous influence et s’il peut nous porter atteinte ou nous motiver. 

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Sources:

1: Keller, A., Litzelman, K., Wisk, L. E., Maddox, T., Cheng, E. R., Creswell, P. D., & Witt, W. P. (2012). Does the perception that stress affects health matter? The association with health and mortality. Health Psychology, 33(5), 677-684.

2: Jamieson, J. P., Mende, W. B., & Nock, M. K. (2013). Improving acute stress responses: The power of reappraisal. Current Directions in Psychological Science, 22(1), 51-56.

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